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Rhum agricole et rhum traditionnel de sucrerie : quelles différences ?

Publié le 21 novembre 2017
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Saviez-vous qu’il existe deux grandes types de rhums ? Si au premier coup d’oeil les deux portent presque le même nom et se ressemblent beaucoup, rhums agricoles et rhums traditionnels de sucrerie sont pourtant bien différents. Cette différence réside dans leur mode de production et particulièrement dans les matières premières entrant dans leur fabrication.

1/ Deux méthodes de fabrication

a) Le rhum agricole à base de vesou

Le rhum agricole est obtenu à partir de la distillation de pur jus de canne frais, appelé vesou en créole. Le jus de canne ne se conservant pas, dès son extraction lors du broyage, le vesou est mis en fermentation pendant 2 jours puis distillé. C’est cette matière première qui apporte ces qualités aromatiques et cette fraîcheur caractéristiques au rhum agricole. Approchez votre nez près d’un verre de rhum agricole et vous sentirez indéniablement cette grande fraîcheur vous montez aux narines.

b) Le rhum traditionnel de sucrerie à base de mélasse

Le rhum traditionnel de sucrerie est issu d’un procédé permettant à la fois d’obtenir du sucre et de l’eau de vie. Le jus de canne, au lieu de fermenter comme pour le rhum agricole, est tout de suite chauffé jusqu’à obtention de cristaux, le sucre. L’eau s’évapore et c’est le résidu solide qui n’est pas transformé, très chargé en sucre également qui est appelé mélasse et qui sera distillé pour obtenir le rhum traditionnel de sucrerie. Longtemps appelé rhum industriel, le rhum à base de mélasse représente 90% de la production mondiale. Ceci est notamment dû au fait que la mélasse se conserve mieux et se transporte donc plus facilement.

2/ Une différence historique

a) L’essor de la canne à sucre

Si en Asie ses propriétés sucrières ont longtemps été connues, en Europe on découvrit la canne et le sucre au moment des Croisades. Jusque là, on ne se servait que du miel pour sucrer les aliments.
La culture de la canne s’est faite aux Antilles suite à son importation par Christophe Colomb dès son second voyage de 1493. En Guadeloupe, c’est l’arrivée de 900 planteurs hollandais en 1654, pour la plupart de confession juive, chassés du Brésil par les Portugais, qui inscrira l’industrie sucrière dans le système économique français. Lorsque la betterave fut découverte, la canne à sucre perdit beaucoup au niveau des parts de marché. L’effondrement des cours du sucre poussa les planteurs à trouver d’autres débouchés, c’est l’origine de l’industrie du rhum.

b) Naissance du rhum agricole

L’effondrement du cours du sucre a poussé les planteurs antillais à trouver une solution pour exploiter la canne à sucre autrement. Ils suspendirent la production de sucre pour se consacrer à celle du rhum uniquement, abandonnant l’utilisation de mélasse. C’est ainsi que s’est développé le rhum agricole, distillé à partir de pur jus de canne. Les exploitations sucrières devinrent des distilleries, elles sont d’ailleurs aujourd’hui toujours appelées “habitations” et le rhum agricole est aussi appelé “rhum z’habitant”.

Le rhum agricole n’est d’ailleurs pas l’apanage des Antilles puisque le savoir-faire en la matière est également largement présent à La Réunion. Les Rhums et Punchs Isautier produisent notamment un rhum agricole titrant à 55°, plus aromatique que le traditionnel. "L’Île Intense" continue ainsi de cultiver sa spécificité en proposant un large spectre de cuvées.

S’il y a 2 grandes familles de rhums, il y a une multitude de déclinaison de chacun d’entre eux et autant de façon de le déguster. Le rhum est une eau-de-vie aux mille facettes. Durée de la fermentation, distillation par colonne, types des fûts et contrôle du vieillissement… tout un riche savoir-faire qui s’exprime dans un kaléidoscope de saveurs, qu’Isautier s’évertue à mettre en valeur depuis plus de 170 ans.